L’Époque Contemporaine

XIXe siècle (1800-1900)


Joseph Lister (1827-1912)
de Glasgow, appliqua la théorie de Louis Pasteur (1822-1895) en introduisant l’antiseptie et l’aseptie en chirurgie : il désinfecta non seulement les lésions et les plaies (antisepsie) mais également tout ce qui allait toucher la plaie durant l’opération (aseptie).  Il utilisait un spray pour purifier l’air ambiant.  Beaucoup de patients, en effet, mourraient d’infection après avoir été opérés.

XXe et début du XXIe siècle, (1900 - aujourd’hui)


1907

Première étude épidémiologique liant l’exposition au soleil et le cancer de la peau.

1910

Les premières cultures de cellules cancéreuses sont faites en laboratoire (in vitro). Ceci allait permettre éventuellement de tester les futurs médicaments.

1914

Des chercheurs postulent que le cancer pourrait être causé par des mutations.

1916

Démonstration que les hormones sont impliquées dans le développement tumoral (l’oophorectomie - ou l’ablation des ovaires - réduit le taux de cancer du sein chez des souris).

1928

Les mutations génétiques sont proposées comme étant à l’origine du cancer. (Ce ne sont donc pas que des virus!)

Dr. Papanicolaou rapporte la présence de cellules cancéreuses visibles dans les frottis vaginaux. Il faudra attendre 32 ans (jusqu’en 1960) pour que le « PAP » test soit accepté pour détecter les cancers.

En utilisant la drosophile (mouche à fruit), des chercheurs démontrent, en 1928, que les rayons X sont mutagènes.

1930

Des chercheurs isolent et identifient le premier produit cancérogène : le benzopyrène, l’ingrédient actif du goudron.

1932

L’injection d’hormones synthétiques induit le cancer du sein chez la souris, confirmant la démonstration de 1916.

1937

On démontre que la transplantation d’une seule cellule est suffisante pour transmettre la leucémie chez l’animal. Ceci représente la première démonstration de l’existence des cellules souches cancéreuses.

1938

Des chercheurs découvrent que le cancer, induit par des produits chimiques, est le résultat de deux différentes étapes : l’initiation (encore le goudron!) et la promotion. Différents produits chimiques sont responsables de ces deux événements.

1939

On découvre l’angiogénèse : les cellules cancéreuses permettent la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins. Ceci deviendra une avenue thérapeutique.

1940

Des expériences chez des animaux démontrent qu’une diminution de l’apport en calories dans la nutrition permet de réduire le développement tumoral. Il faudra attendre jusqu’en 2000 pour réaliser l’importance de cette découverte, alors que l’obésité affecte de plus en plus de personnes.

1944

En étudiant des bactéries, Avery et ses collaborateurs identifient l’ADN comme le matériel génétique (et donc transmissible de génération en génération) de la cellule.

1945

La Société de recherche sur le cancer est fondée en 1945 par un groupe de 4 femmes dédiées à trouver un traitement contre le cancer.

1946

Première chimiothérapie: à la suite d'observations rapportant que les soldats exposés au gaz moutarde ont un taux réduit de globules blancs, des études démontrent que des dérivés de ce composé (les moutardes azotées) ralentissent la croissance des cellules leucémiques, provoquant ainsi une rémission de quelques mois. Les moutardes azotées sont les premiers agents alkylants, famille de traitements encore utilisés aujourd’hui contre certains cancers.

1950

Synthèse d’un analogue des bases de l’ADN utilisé contre les cellules cancéreuses. De tels composés, notamment le 5-fluorouracil, sont encore utilisés aujourd’hui.

Des études lient le tabagisme au cancer du poumon.

1951

Le Dr Harold Johns développe la « bombe à cobalt » (unité de cobalt 60) pour la radiothérapie. Ce type d’irradiation est encore utilisé aujourd’hui.

C’est aussi en 1951 que l’on commence à utiliser les ultrasons pour détecter les cellules cancéreuses.

1956

Première chimiothérapie contre des tumeurs solides (des choriocarcinomas) à connaître du succès. Cette thérapie utilisait un autre antagoniste du folate, le méthotrexate, que l’on utilise encore aujourd’hui.

1960

Le premier facteur de croissance (NGF : nerve growth factor) est identifié. De tels facteurs représentent aujourd’hui des cibles thérapeutiques (EGF dans le cancer du sein, dont le récepteur fut identifié en 1967).

1963

La chimiothérapie guérit le lymphome de Burkitt, un cancer causé par un virus (le virus Epstein-Barr).

1966

On démontre l’efficacité de combiner différents médicaments contre le cancer. L’utilisation de MOPP (une combinaison de quatre produits : moutarde azotée, vincristine, prednisone et procarbazine) permet de guérir du lymphome de Hodgkin.

1966 voit aussi la naissance du premier appareil spécifiquement fait pour les mammographies.

1971 --- Une année importante :

Des chercheurs démontrent qu’un produit naturel, le taxol, inhibe la croissance de cellules leucémiques. Une synthèse chimique de ce produit en permettra l’utilisation contre le cancer de l’ovaire, puis du sein.

Knudson, après avoir étudié la transmission d’un cancer (le rétinoblastome) chez l’enfant, propose en 1971 que le cancer nécessite au moins deux mutations. Son hypothèse s’avéra exacte et ce, pour la plupart des cancers humains.

En 1971, des chercheurs démontrent que les cellules tumorales secrètent des facteurs qui attirent de nouveaux vaisseaux sanguins (un phénomène appelé angiogénèse). L’identification subséquente de tels facteurs en fera des cibles moléculaires.

1972

Première utilisation de transplantation de moëlle osseuse comme traitement contre la leucémie. Les cellules ainsi transplantées remplacent celles qui ont été détruites par des traitements de radiothérapie.

1974

Les erreurs de réplication de l’ADN sont identifiées comme responsables de la cause de tumeurs.

La cytogénétique permet d’identifier des réarrangements chromosomiques spécifiques à certains types de leucémies et de lymphomes. Ceci mènera plus tard au développement de thérapies ciblées avec des médicaments (Imatinib ou Gleevec) contre les protéines provenant de tels réarrangements (la protéine BCR‑ABL).

1976

Un régime combinant la radiothérapie et plusieurs agents de chimiothérapie permet de prolonger la rémission de 80 % des enfants atteints de leucémie aigüe lymphoblastique.

1977

Fort des succès obtenus avec les modèles animaux, le Tamoxifen est approuvé dans le traitement du cancer du sein.

Le scanner RMI (imagerie par résonnance magnétique) entre en fonction et permet une meilleure détection des tumeurs à un stade précoce.

1978

Des études chez des modèles animaux démontrent que les nitrosamines du tabac causent le cancer; ces substances seront reliées au développement des cancers de la bouche et des poumons.

1979

Le gène p53 est découvert. Il sera par la suite démontré que des mutations de ce gène sont impliquées dans près de 50 % des tumeurs humaines.

Découverte d’un type d’enzyme (tyrosine kinases) qui modifie les protéines; ces kinases deviendront des cibles thérapeutiques dans certains cancers.

1980

Un niveau sanguin élevé de l’antigène prostatique spécifique (APS) est associé à un risque de cancer de la prostate. Cette association mène au développement du premier test de routine d’un marqueur dans le dépistage du cancer.

Des études démontrent que les cellules cancéreuses sécrètent des enzymes leur permettant de dégrader leur milieu environnant, leur donnant ainsi accès aux vaisseaux sanguins, puis à d’autres tissus, un phénomène appelé métastase.

1982

Une infection virale par Helicobacter pylori cause des ulcères de l’estomac, qui, dans certaines conditions, mènent au cancer.

1983

Le virus du papillome humain (VPH) est identifié comme la cause du cancer du col de l’utérus. Cette découverte mènera au développement d’un vaccin pour prévenir ce type de cancer.

Démonstration à l’aide d’un modèle moléculaire que plusieurs étapes sont nécessaires dans le développement de cancers.

1986

La télomerase et le gène suppresseur de tumeurs Rétinoblastome (RB) sont identifiés.

1987

Démonstration que le gène du récepteur du facteur de croissance Her-2/neu est amplifié dans 15 % des cancers du sein de stade 1. La protéine HER-2/neu deviendra la cible thérapeutique du transtuzumab (Herceptin), qui permettra d’augmenter la survie des patientes atteintes de ce type de cancer.

1990

Les mutations du gène BRCA1 sont associées à la transmission héréditaire du cancer du sein.

1991

Des mutations du gène p53 dans les cellules cancéreuses du foie sont associées à l’aflatoxine, un carcinogène environnemental. L’aflatoxine peut se développer dans plusieurs aliments exposés à certains champignons de type Aspergillus tels que le blé, le maïs, les arachides et autres noix.

1993

Le Canadien Michael Smith reçoit le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur la mutagénèse dirigée, qui permettent d’introduire des mutations dans des gènes à des endroits précis.

1995

Développement de la technique des micropuces à ADN, qui permettra d’analyser l’expression et la présence de mutations dans des milliers de gènes simultanément. Cette technique permettra ultimement de développer des thérapies personnalisées basées sur les modifications particulières présentes dans les tumeurs des patients.

1998

L’addition d’anticorps monoclonaux (transtuzumab, Herceptin) à la chimiothérapie améliore de manière significative la survie des patients atteints de cancers du sein avancés.

2001

L’imatinib (Gleevec), représentant la première thérapie moléculaire ciblée, est utilisé contre la leucémie myéloïde chronique (contenant le réarrangement chromosomique BCR-ABL), et permet une rémission chez les patients souffrant de cette maladie.

La première ébauche de la séquence du génome humain est obtenue. On envisage maintenant la possibilité de séquencer le génome des différentes tumeurs, afin d’identifier tous les changements menant au développement des cancers.

2003

Le bortezomib (Velcade), un nouveau type de médicament ciblant le système de dégradation des protéines cellulaires, est utilisé et est efficace chez les patients atteints de myélome multiple.

2004

Le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) est utilisé pour prévenir le cancer du col de l’utérus.

Le bevacizumab (Avastin), un anticorps dirigé contre une protéine essentielle à l’angiogénèse, est utilisé de concert avec des traitements de chimiothérapie, et augmente la survie des patients atteints de cancer du colon métastatique.

2008

Le prix Nobel de médecine est décerné, entre autres, à l’Allemand Harald zur Hausen, pour ses travaux sur le VPH et le cancer du col de l’utérus.

2009

Le prix Nobel de médecine est décerné aux chercheurs américains Elizabeth H. Blackburn, Carol W. Greider et Jack W. Szostak pour leur découverte de « la façon dont les chromosomes sont protégés par les télomères et l’enzyme télomérase ».